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LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES DANS LE PUBLIC : COMMENT JUGER LE MERITE DES EMPLOYES ?

Parler de la gestion des ressources humaines au sein de l’entreprise publique au Maroc, nous amène à parler de la particularité d’un management à la marocaine qui, dans sa physionomie actuelle, reste dans un état embryonnaire qui nécessité un travail de longue haleine en vue de sa modernisation.

Une certaine notion « humaine »

Parfois, je me demande s’il n’est pas trop tôt de parler d’une gestion des ressources humaines au Maroc, et s’il n’est pas justiciable de parler plutôt d’une gestion du personnel, de la main d’œuvre, des employés ou tout simplement des la gestion des ouvriers ou si on veut garder cette de « humain », on préfère l’appellation : la gestion inhumaine des ressources humaines.

Certes, la structure organisationnelle est là, certes qu’on a modernisé l’organisation de notre entreprise, et qu’on a vu y naitre des nouvelles fonctions qui ont un rapport avec la gestion du capital humain, mais cette Américanisation de notre structure s’est accompagnée d’une certaine Ethiopisation de la gestion de nos « Hommes ».

certes on a vu naitre une fonction de « la gestion prévisionnelle des compétences »( et qui n’a de prévisionnelle que le nom ), une fonction de « la gestion des carrières » (et qui n’jamais géré de carrière), une fonction de « recrutement » ( dont les responsables n’ont pas fait l’objet de recrutement sur la base de leur compétence et leur s diplômes )…, certes on a tout fait pour rendre notre entreprise plus moderne et plus civilisationnelle , mais la réalité reste un peu amère.

Et la bonne gestion des hommes ?

Si au Japon on forme des directeurs et des hauts responsables, et on perfectionne leur compétence et leur savoir faire et savoir être, au Maroc on gratifie les gens sur la base de l’ancienneté dans une fonction donnée.

On ne peut pas nier que l’expérience a forgé des techniciens et des hommes de terrain, mais elle n’a jamais dicté des principes d’une bonne gestion des ressources humaines. Ainsi, à coté de l’éducation sociale et professionnelle, la formation et le niveau d’instruction constituent la clé de voute pour préparer de bons gestionnaires du capital humain.

La qualité primordiale de la direction des ressources humaines est son aspect humain ou humanitaire, et sa préoccupation essentielle doit être le coté sociale, l’évolution professionnelle et la gestion «  au vrai sens du terme » de la carrière du personnel.

Il faut reconnaitre que la compétence, clé indéniable  dans la mobilité fonctionnelle n’a jamais compensé les méritants et n’a jamais été un critère dans le processus de la promotion professionnelle, et que la mobilité géographique volontaire n’a jamais était prise en considération dans son aspect social et humanitaire, mais elle était toujours perçue comme un sabotage professionnel qui vise l’intérêt personnel au détriment de l’intérêt général de l’entreprise.

Professionnalisation de la gestion

De même, on peut se demander (et on a le droit de le faire) si la gestion des carrières constitue vraiment une préoccupation sérieuse de la part des responsables, et si c’est vrai, y-a-t- il un bon suivi de la carrière de tout un chacun ?

Y a-t-il un planning conçu pour étayer les performances personnelles, améliorer les compétences en vue de préparer le bon manager de demain et le vrai responsable du futur ?

Il faut reconnaitre que sans l’humanisation de notre professionnalisme, il n’y a point de gestion des ressources humaines au vrai sens du terme, et sans la professionnalisation de la gestion de notre capital humain il n’y a point de développement .

La Direction des ressources humaines n’a jamais été un ring de boxe pour le règlement de comptes entre un supérieur et ses collaborateurs, mais une fonction noble qui veille sur l’amélioration du bien être social et professionnel du personnel.

Mais lorsque le professionnalisme se militarise il faut s’attendre au désastre, car la gestion par la crainte et la peur n’a jamais fait preuve de réussite au sein de l’entreprise et constitue, par contre, une bombe à retardement qui tue la productivité du personnel et, partant, la compétitivité de l’entreprise.

Une culture esclavagiste

Lorsque le professionnalisme se politise, il y a la formation des clans qui constituent des forces opposées qui lutteront pour le pouvoir et contre le pouvoir et finiront par tuer l’entreprise elle-même.

Aujourd’hui, nous ne pourrons que pleurer notre destin d’être des capables incapables et des compétents incompétents .en effet, les gens méritants n’ont jamais de place dans l’entreprise s’ils n’adhèrent pas expressément à cette culture féodaliste et esclavagiste qui caractérise notre professionnalisme.

Humaniser la gestion de notre capital humain, c’est relever le défi du futur et réussir un projet de développement dans l’intérêt de toute la société.

L’homme, c’est ce qui est de plus cher et plus précieux dans la vie humaine à travers l’histoire, il y a lieu de préserver cette richesse et veiller sur sa prospérité sociale et professionnelle.